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1 - L’invasion allemande et la bataille de Proyart

1 - L’invasion allemande et la bataille de Proyart

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Faisons un saut dans le temps.
Nous sommes au soir du 29 août 1914. Le canon, qui a tonné tout le jour sur le Santerre, vient de se taire. La plaine est jonchée de soldats morts ou blessés. Des maisons brûlent. Des colonnes de militaires en uniforme vert-de-gris pénètrent dans Proyart, dans Framerville et Rainecourt. Il est cinq heure trente (on ne dit pas encore 17h30). L’armée française s’est repliée sur Bayonvillers, puis Caix, Hangest, Davenescourt.

La mobilisation a été décidée le 1er août 1914. L’Allemagne a déclaré la guerre à la France le 3 août. Que s’est-il donc passé au cours des trois semaines qui ont suivi ? Comment est-il possible qu’en si peu de temps une partie de la France ait été envahie, tandis que son armée bat en retraite ?


Carte 2 – Position des armées au 2 août 1914 (EmeKen020814)

En un vaste mouvement enveloppant, trois armées allemandes ont envahi la Belgique et dévalé vers le nord de la France. Joffre, concentré sur son offensive en Alsace, mal informé sur les effectifs réels de l’ennemi, a d’abord sous-estimé l’importance de cette manoeuvre. Pour répondre aux messages d’alerte du général Lanrezac qui, lui, avait immédiatement compris le danger, il avait envoyé en Belgique le Corps de Cavalerie Sordet. Ces cavaliers avaient épuisé leurs montures en parcourant, par une chaleur éprouvante, des centaines de kilomètres, d’abord en direction de Liège, pour se replier ensuite sur la frontière française en s’efforçant de ralentir l’offensive allemande.

À la droite du dispositif ennemi, marche la 1ère Armée commandée par le général von Klück ; partie de Cologne, elle a traversé Bruxelles, bousculé les Britanniques à Mons le 23 août et, à présent, fonce sur Amiens. Son objectif est la Seine, entre Paris et Rouen. Les Britanniques, sonnés, reculent si rapidement qu’ils déséquilibrent la ligne de défense française.

Pour éviter l’anéantissement des Britanniques et arrêter la progression de l’armée de von Klück, Joffre a chargé le général Maunoury d’organiser une VIème Armée, dont les unités ont commencé à être débarquées à Villers-Bretonneux et Bayonvillers.

Mais, les Allemands progressent très vite. Le 27 août, ils sont à Péronne. Joffre et Maunoury ont compris que leur VIème Armée n’aurait pas le temps de se mettre en place. L’affrontement qui se produit, le 29 août, sur nos communes, est une bataille de retardement qui fera quand même 3 000 morts.
Ce sont principalement les 35ème, 44ème et 60ème RI qui ont soutenu le choc. On s’est battu dans les rues de Proyart, puis entre la Râperie et Rainecourt et à la lisière de Framerville. Une section du 60ème, s’avançant vers Herleville, est parvenue à s’emparer d’une batterie d’artillerie allemande. Mais, au cours de l’après-midi, les unités françaises se sont repliées par échelon.


Carte 3 - Mouvements des troupes entre le 2 et le 26 août 1914 (EmeKen260814)

Tandis que les Français se regroupent sur Paris, von Klück, persuadé qu’il n’a plus devant lui que des unités en déroute, fait occuper Amiens et, modifiant sa marche, décide, avec le gros de ses forces, de contourner Paris par l’est.


Carte 4 - Mouvements fin août, début septembre en Picardie (EmeKen300814)

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