Accueil >

L’histoire >

Histoire locale >

5- Le sergent Jean Hugo à Foucaucourt.

5- Le sergent Jean Hugo à Foucaucourt.

Désormais, le front va se fixer. Les combattants, d’égale force, vont commencer à s’enterrer, ce qui ne les empêchera pas de tenter de grignoter, mètre par mètre, les lignes adverses. Un artiste, sergent au 36ème R.I., a laissé des notes sur son passage à Foucaucourt. Il porte un nom célèbre.

Sur le secteur, après le 99ème R.I., le régiment de Paul Fontan, d’autres régiments se sont succédés. L’un d’entre mérite notre attention non pas tant par son activité, il n’a occupé le terrain que de décembre 1915 à février 1916, mais en raison de l’un de ses sous-officiers.

Le 36ème R.I. avait Caen comme ville de garnison. Au début de la guerre, son commandant est le lieutenant-colonel Bertrand. Il partage avec le 129ème R.I. du Havre, les casernes Hamelin, détruite en 1944, et la caserne Lefèvre, dans le château. Le 36ème et le 129ème R.I. appartiennent à la 10ème Brigade (5ème D.I., 3ème C.A., Vème Armée du général Lanrezac.

Après la bataille de Charleroi, fin août 14, le régiment participe à la Bataille de la Marne au début du mois de septembre. Il se bat ensuite dans l’Aisne et particulièrement dans le bois de Beau Marais, sur le Chemin des Dames, non loin de Craonne. À l’emplacement de la Chapelle, une stèle rappelle ce fait d’armes. C’est à ce moment que le colonel Jeze succède au lieutenant-colonel Bertrand, promu colonel pour commander la 103ème Brigade d’Infanterie.

En 1915, le 36ème R.I. s’illustre dans l’Artois. En décembre 1915, il vient occuper les tranchées sur Faÿ et Dompierre, prenant la relève, du 5ème RI (recrutement : Falaise et Paris). Le 10 décembre, les 2ème et 3ème bataillons sont en première ligne et le 1er bataillon en réserve sur Fontaine. Le poste de commandement est installé sur Chuignes. Les abris, boyaux et tranchées sont dans un état pitoyable en raison de la pluie ; beaucoup d’éboulements sont constatées çà et là. De décembre 1915 à février 1916, ce ne sera qu’un va et vient entre l’arrière et les premières lignes. La guerre des mines fait encore rage. Le 17 décembre, deux mines explosent. La recherche des corps est infructueuse. Des tirs de mortier de 58 lancent des bombes de 16 Kg. Cela dure jusqu’au 25 décembre. Le 26, au saillant Payan, les Allemands ont cherché à entrer en conversation en offrant des cigarettes. La riposte française s’est faite à coup de fusil. Ensuite, actions et ripostes se sont succédé jusqu’en février.

Ce régiment, est celui de Jean Hugo, arrière-petit-fils de Victor Hugo. Jean est né à Paris le 19 novembre 1894. Il est le fils du peintre Georges Hugo. Lui aussi sera peintre, décorateur, illustrateur et écrivain.

Le 4 septembre, il reçoit sa feuille de route pour le 36ème R.I. à Caen. Sa qualité de bachelier le fait désigner pour suivre le peloton des officiers, mais il échoue. Il est nommé caporal puis, en avril 1915, sergent. Le 24 mai, son régiment part pour l’Artois. Fin mai, il est à La Targette, non loin de Neuville Saint-Vaast, dans le Pas de Calais. Blessé, il est évacué sur l’hôpital de Saint-Malo puis à Meudon. Le 11 octobre 1915, il est renvoyé au front avec un renfort du 36ème. Le 13, il est témoin d’une exécution.

Le 25, il est transporté de Frévent à Ailly-sur-Noye à bord de wagons à bestiaux. Le 14 novembre, il arrive à Fontaine. Dans l’un de ses livres, « Le Regard de la Mémoire », il rapporte des anecdotes sur son passage à Foucaucourt.
Il décède le 22 juin 1984, au mas de Fourques, à Lunel, dans l’Hérault, entre Montpellier et Nîmes. Son épouse décède en 2005. Le mas est propriété familiale depuis 1929.

Jean Hugo a connu le Tout-Paris ; très ami de Jean Cocteau (1889-1963), il a côtoyé Pablo Picasso (1881-1973), Max Jacob (1876-1944), Marie-Laure de Noailles (1902-1970)…

Retour au sommaire