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Belloy en Santerre

Belloy en Santerre

La Légion Étrangère a été créée par une ordonnance du roi Louis-Philippe datée du 10 mars 1831 : « Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit : Article Ier. Il sera formé une légion composée d’étrangers... »

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La légion étrangère

En principe, il était interdit à la Légion d’intervenir sur le territoire métropolitain mais il y eut une première dérogation en 1870 puis une deuxième en 1914. Nécessité oblige.

Dès la déclaration de la guerre, 32 000 volontaires étrangers, par reconnaissance pour le pays qui les a accueillis sur son sol, veulent se battre aux côtés des Français et s’engagent dans la Légion Etrangère. Blaise Cendrars, de nationalité suisse, est le plus connu mais notons également les noms de Nazare Aga, aristocrate perse, Zinoti Pechkoff, diplomate russe, sans oublier Lazare Ponticelli, le « dernier des Poilus » et bien sûr, Alan Seeger, le poète américain. Les différences sociales, ethniques, culturelles, sont considérables.

Alan Seeger

Alan Seeger, diplômé d’Harvard, issu de la haute bourgeoisie new-yorkaise, étudie la littérature française au Quartier latin. Lazare Ponticelli a fui la misère des montagnes italiennes et est venu chercher du travail dans la région parisienne. Ce qui les unit, c’est l’amour de la France. Ils seront rejoints un peu plus tard, par des hommes comme le poète catalan Camilo Campana ou le capitaine Do Hu VI. Campana, issu d’une famille aisée de Barcelone, s’était affilié très tôt au parti nationaliste catalan. Fuyant la censure de l’Etat espagnol, il s’était réfugié à Cuba. Le sacrifice, en France, de nombre de ses compatriotes, l’amena à s’engager à son tour. Le père du capitaine Do Hu Vi, le préfet de province Tong Doc Phuong, avait fait entrer son fils à Saint-Cyr et celui-ci avait ensuite participé aux campagnes du sud-oranais puis du Maroc. Passionné d’aviation, il avait servi dans une escadrille en Champagne. Mais, victime d’un accident, il avait demandé sa mutation à la Légion. Alan Seeger, Camilo Campana, Do Hu Vi trouveront la mort en juillet 1916 à Belloy.

Peu avant sa mort, Alan Seeger avait écrit une « Ode à la Mémoire des Volontaires Américains Morts pour la France » dans laquelle on peut lire cette phrase : « …Ils ne poursuivaient pas de récompenses vaines, ils ne désiraient rien que d’être sans remord, frère des soldats bleus, à l’honneur et à la peine de vivre leur vie et de mourir leur mort… »

D’août à octobre 1914, des éléments du 1er et du 2ème Étranger, venus d’Afrique, encadrèrent et instruisirent les volontaires arrivés de plusieurs centres de recrutement. Quatre régiments de marche furent mis sur pied entre septembre et la fin décembre 1914. Après s’être illustrées

lors des batailles de l’Artois puis de Champagne, ces unités furent fusionnées le 11 novembre 1915 pour former le célèbre Régiment de Marche de la Légion Étrangère (R.M.L.E.).

Elles avaient été durement éprouvées d’abord au printemps 1915 dans l’Artois, après avoir enfoncé les lignes allemandes au nord de Neuville-Saint-Vaast. Placées en tête de la Division Marocaine, leur progression avait permis, le 9 mai, d’avancer de trois kilomètres jusqu’aux crêtes qui dominent le bassin houiller de Lens occupé par les Allemands. Coupés des lignes françaises, les légionnaires, pris en enfilade, s’étaient accrochés au terrain, avaient perdu 5 officiers et 1889 hommes puis avaient été contraints de se replier.

En septembre 1915, les Régiments Etrangers s’étaient battus sur le front de Champagne. Avec la 10ème Division Coloniale du général Marchand, ils avaient attaqué la butte de Souain près de la ferme Navarrin et perdu 20 officiers et 608 soldats. Le légionnaire Blaise Cendrars y avait perdu un bras.

Au cours de l’hiver 1915/1916, le régiment s’organise et s’entraîne. Il compte 71 officiers et 3 115 légionnaires, organisés en trois bataillons aux ordres du Lieutenant-colonel Cot. En juin 1916, il est à Lassigny, dans l’Oise qu’il quitte le 21 pour être débarqué à Villers-Bretonneux. Deux des bataillons sont cantonnés à Bayonvillers pendant que le 1er Bataillon prépare des tranchées d’approche à Dompierre. Le matin du 1er juillet, la Légion arrive sur la première ligne allemande qui vient juste d’être prise par l’Infanterie Coloniale. Le 3, elle relève celle-ci et reçoit la mission de prendre Belloy-en-Santerre.