Accueil >

Les circuits du bleuet >

Harbonnières

Harbonnières

Depuis le 21 mars 1918, l’armée allemande développe une puissante offensive en direction d’Amiens. Forte des 700 000 hommes récupérés sur le front Est grâce à l’armistice signé avec les Bolchevicks, elle a pu lancer 65 divisions contre les 25 que comptent les 3ème et 5ème Armées Britanniques.

Découvrez aussi sur le circuit Adrienne Dumeige l'histoire des communes de :
Framerville-Rainecourt , Proyart , Rosières en Santerre , Vauvillers

Le baron rouge

Le Vème Corps français est arrivé en renfort juste à temps pour éviter la rupture du front. Pour les Alliés, l’heure est critique.

Dans le ciel picard, les aviations s’affrontent. Depuis 1914, les techniques de construction et de combat ont beaucoup évolué. L’arme aérienne est devenue un élément important dans la stratégie des belligérants. Le plus redouté des pilotes allemand est Manfred von Richthofen, surnommé « Le Baron Rouge » car son avion est peint de cette couleur. A cette époque son appareil est un Fokker triplan Dr.1. Il commande le Jagdgeschwader I (J.G.I), c’est à dire l’Escadre n°1.

Le 2 avril, pour suivre la progression de l’armée allemande, l’escadre a quitté son terrain de l’Echelle, au sud-est de Bapaume, pour s’installer à Harbonnières, dans le Santerre. La pluie a cloué les avions au sol pendant quatre jours. Le 6 avril, von Richthofen enregistre ses 74ème, 75ème et 76ème victoires ; la dernière a été obtenue contre un Sopwith Camel au-dessus de Villers-Bretonneux.

Ce même jour, il accueille son cousin, Wolfram, qui rejoint l’escadre. En comptant son frère, Lothar qui, blessé, est soigné en Allemagne, le Jagdgeschwader I compte maintenant trois Richthofen.

Les pilotes allemands décollent quatre ou cinq fois par jour. Les aviations britanniques et françaises vont sans cesse en se renforçant et comptent également des pilotes prestigieux. Au J.G.1, les anciens encadrent au mieux les nouveaux. Mais ces derniers ne sont plus assez nombreux. Aussi, le Baron Rouge fait manœuvrer ses appareils en groupe tandis que les Britannique, ses principaux adversaires du moment, évoluent plus individuellement.

Un jeune pilote, Ernst Udet, a rejoint l’escadre au mois de mars. Mais celui-ci souffre d’une infection de l’oreille et le commandant le force à quitter la base pour aller se faire soigner à l’arrière. Au matin du 7 avril, il l’accompagne jusqu’à l’appareil qui doit l’emmener ; Ernst Udet sera, à la fin de la guerre, le plus grand des as allemands survivants. (L’as français le plus titré et ayant survécu est René Fonck. Le Baron Rouge et lui ne se sont jamais affrontés).

Le 7 avril, il obtient sa 77ème victoire en abattant un S.E. 5 anglais au-dessus de Hangard puis sa 78ème contre un Spad français, près de Villers-Bretonneux.

C’est sa dernière victoire obtenue depuis l’aérodrome d’Harbonnières car le 8, l’escadre déménage à nouveau pour s’installer à Cappy.

C’est de Cappy que, le 21 avril, Manfred von Richthofen décollera pour son dernier vol. Il sera abattu au-dessus de Vaux-sur-Somme.