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Création de l’escadrille des cigognes

L’année 1914 a vu le début de l’intérêt d’avoir une aviation capable d’observer les mouvements ennemis mais aussi la capacité de se défendre contre les avions ennemi. Le capitaine Barrès militait auprès de Joffre pour augmenter le nombre d’escadrille pour porter la destruction chez l’ennemi (bombardement), et lutter contre les moyens de renseignement de ce dernier (avions et ballons). Pour cela, il fallait d’une part augmenter le nombre de machine et limiter le nombre de modèles différents et former de pilotes. Pour cela, un programme de recrutement de jeunes passionnés par le pilotage est mis en place dans toute la France.

En mars 1915, le capitaine Brocard recevait le commandement d’une bande de jeunes au comportement de gamins dont les noms sont désormais célèbres : De Guibert, Deullin, Péretti, Védrines, Richard, Subervie, Beauchamp, Houssemand, Bonnard. Arrive en Juillet un jeune pilote qui allait devenir célèbre Georges Guynemer ainsi que plusieurs futurs « as » De La Tour, Dorme, Auger, Raymond, Heurtaux.

Les débuts des combats aériens de l’escadrille

Les débuts de Guynemer furent difficiles et le capitaine Brocard l’aurait renvoyé sans l’intervention de Védrines, vainqueur en 1912 de la course aérienne Paris-Madrid. Le capitaine trouvait que Guynemer pilotait comme un inconscient et cassait trop de matériel.

L’escadrille volait sur Morane Saulnier Type L, biplace avec un moteur de 80 Cv armé d’une mitrailleuse 7,7 mm tirant à partir de la place arrière. Guynemer reçoit l’avion de Bonnard qui part combattre dans les balkans, « le vieux Charles ».

Sa première victoire, il l’obtient avec Guerder son coéquipier mitrailleur arrière, le 11 juillet 1915 en abattant un aviatick aux alentours de Soissons.

Le mécanicien Borzecki persuada Guynemer de peindre une cigogne sur les Nieuport qui remplaçait les Morane Saulnier et l’ensemble de l’escadrille adopta cette cigogne, chacune dans une position différente. L’escadrille fut bientôt appelé escadrille des cigognes.

Les autres missions, comme l’observation ou le dépôt et la récupération d’espion derrière les lignes allemandes continuaient. Cependant en novembre 1915, certains aviateurs, dont l’escadrille des cigognes, recevaient l’ordre de se spécialiser dans la chasse et de cesser toutes les autres missions. Cependant, le Fokker faisant des ravages, ils avaient ordre de ne pas dépasser les lignes Françaises. Le Fokker avait un moteur de 100 Cv, pouvait atteindre 3500 m et une vitesse de 140 Km/h. De plus il était équipé d’une mitrailleuse LMG de 7,92 avec un chargeur de 1000 balles contre les 47 balles des chargeurs des mitrailleuses Lewis équipant les avions français.
Le 19 février 1916, l’escadrille était positionnée à Cachy, près du front de la Somme, avec pour mission d’interdire le survol des lignes Françaises par les avions et les ballons d’observation allemands.

Cependant les allemands lancent leur grande offensive sur Verdun, et avec leurs 12 escadrilles de 8 avions se rendent maître du ciel en balayant les 6 escadrilles de six avions françaises. L’artillerie est ainsi rendu aveugle. Pour reprendre l’avantage, une partie des cigognes, équipés de nouveaux avions, des Nieuport 16, mieux armés (100 cartouches par chargeurs au lieu de 47) dès le mois de mars. Lieutenant de vaisseau Le Prieur mis également au point des fusées incendiaires, tirés des avions et permettant de faire brûler la ballons d’observation, drachen, allemands. Durant deux mois, les combats aériens se succèdent autour de Verdun et les français reprennent progressivement l’avantage et peuvent à nouveau diriger les tirs de l’artillerie.
La situation étant stabilisée à Verdun, la 103 est réunie à Cachy fin mai 1916 afin de préparer l’offensive de la Somme. Rapidement, ils se rendent maître du ciel et durant l’offensive de la somme, ce sont les allemands qui seront privés d’yeux permettant de régler les tirs d’artillerie

La N.3, tout comme les autres unités du GC-12, devait assurer la suprématie aérienne française dans le ciel de Picardie, balayer la chasse adverse et empêcher l’activité de l’aviation de reconnaissance allemande. Les derniers jours du mois de juin furent consacrés à la destruction des Drachen à l’aide de torpilles Le Prieur. Les journées qui suivirent furent épuisantes.

Le ler juillet 1916, treize pilotes durent assurer quarante-quatre heures de vol. Le 5, Guynemer attaqua un LVG, mais, touché, il fut obligé de se poser. Son Nieuport 17 était marqué d’une douzaine d’impacts et légèrement brûlé par des balles explosives. Le 9, l’escadrille livra quatorze combats.

Ce jour-là, l’adjudant Dorme obtint deux victoires et le sergent Lemaitre rentra à sa base le plan inférieur gauche éclaboussé de sang. A partir de cette époque, les vols groupés se multiplièrent. Ils permettaient d’assurer une puissance offensive plus importante et une meilleure sécurité des pilotes, qui pouvaient se couvrir mutuellement. Le 10, huit Nieuport 17 se heurtèrent à six appareils allemands. Parmi les premiers se trouvait Guynemer, qui avait exceptionnellement rompu avec sa réputation d’aviateur solitaire.

Bientôt, à côté de son nom s’inscrivirent ceux de Dorme, de La Tour et Heurteaux. Parfois, les victoires se révélaient fulgurantes. Le 16 juillet, Guynemer et Heurteaux fonçaient sur cinq LVG. En quelques secondes, deux de ces derniers s’écrasaient au sol, et les survivants rentraient chez eux en piquant.

Mais, progressivement, la résistance de l’aviation ennemie se raidit et les combats prirent un caractère de plus en plus implacable. Cette recrudescence de la lutte dans les airs imposa l’entrée en ligne d’appareils mieux adaptés. Les premiers chasseurs SPAD furent affectés, fin juillet, à Pinsard et Ménard, deux pilotes du GC-12. Brocard ramena le sien du Bourget le 20 août et Guynemer le 21.

Mais il fallut encore attendre trois mois avant de voir la totalité de la 3 équipée de cet excellent appareil. Pourtant, les sentiments vis-à-vis de l’avion avaient d’abord été plutôt mitigés. Les pilotes se méfiaient du moteur fixe du SPAD et craignaient des incendies intempestifs.

Ils faisaient plus confiance au moteur rotatif, qui s’était révélé capable d’encaisser plusieurs projectiles sans prendre feu. Mais ces appréhensions disparurent bientôt devant les extraordinaires qualités de cet avion. Le SPAD surclassait nettement ses homologues allemands, et sa mitrailleuse Vickers tirant à travers l’hélice accentuait cette supériorité.

Fin août 1916, la N.3 enregistrait vingt-six victoires dont douze probables. Sur les quatorze sûres, Guynemer s’en adjugeait trois, Dorme cinq, Heurteaux trois, de La Tour deux, Chainat une et Deullin une. Mais le rôle de l’escadrille ne s’était pas limité au seul combat aérien. Souvent, les pilotes avaient mitraillé les tranchées ennemies ou les convois sur les routes. Le 13 septembre 1916, la N.3 fut citée à l’ordre de l’armée. Du 18 mars au 18 août 1916, elle avait abattu trente-huit avions allemands et forcé trente-six autres à se poser.

En hommage au séjour de l’ecadrille des cigognes la place de cachy fut dénommée « place de l’escadrille des cigognes »

L’escadrille obtient sa 100ème victoire homologuée, le 8 février 1917.
L’escadrille fut placée sous les ordres de la Xème armée en juin 1917 en prévision de l’offensive sur le Chemin des Dames. Les pertes seront lourdes avec Dorme, Sanglier portés disparus et Heurtaux blessé. Envoyée sur le terrain de Bergues-Bierne, le 11 juillet 1917, la N 3 prit part à l’offensive française dans les Flandres. Les pertes seront terribles avec la perte des capitaines Guynemer et Auger, du Caporal Cornet et de la nouvelle blessure d’Heurtaux.

L’escadrille qui volait sur Spad depuis avril, reçoit enfin l’appellation de Spa 3 en octobre 1917. Elle effectue encore un court séjour dans la région de Verdun au début de l’année 1918 et prit part aux combats qui marquèrent les offensives allemandes du printemps et de l’été 1918.

Le 11 novembre 1918, la SPA 3 était l’unité la plus célèbre de l’aéronautique militaire française. Ses équipages étaient titulaires de 178 victoires homologuées. Il faut ajouter à ce total impressionnant 204 autres victoires non homologuées ou probables.